06/02/2010 01:03

 Comme une suspension de points dans l'espace retenue sur une tranche de papier, c'est comme une araignée suspendue à son fil, comme un yoyo et le va et vient de bas en haut, c'est comme un enfant désarticulé en rebonds sur un trempoline, c'est comme si un surf était projeté par-dessus la vague et reçu en pleine poire au 38ème étage, comme une météorite en suspension dans le vide sidéral, par un effet de magie comme si une bulle de champagne passait dans le trou de serrure d'un loft de la 52 ème, comme si prendre un escalier roulant en sens inverse fut un effet normal de distorsion psychique, comme si l'enfant mettait au monde sa mère...comme si l'empire state était aussi souple que l'équilibriste sur son fil...silence en marchant sur Broadway, effet ouate. effet divagations.

et puis plus tard,

Comme une suspension de points dans l'espace, comme deux bouches collées par un scotch d'amour et humectées par un zeste de citron, c'est comme deux corps englués dans un film élastique, la bobine en l'air et le portable en lévitation, un roman noir à porté de main, odeur de tabac froid, salive au parfum des caraïbes, joue contre le carreau froid, la main contre la crosse. pendule aléatoire du temps qui file, main à la crosse, attente, silence...la métisse se courbe éreintée contre mon buste, la croix en guise de bonne conscience. Repos. clopes , jour des cendres. J'ai mis 18 ans pour en arriver là.

 

Comme une suspension de points dans l'espace,  Ma voisine énorme sonne à la porte, sonne et sonne tambourine, composer le Numéro d'urgence, police éteinte police éreintée enfouie sous une tonne de paperasses sales, papiers gras de frites trop huilées, collés contre les murs des buildings. ça sonne beaucoup, appel au secours, secours endormi, pas le temps, pas le bon moment, c'est comme une flaque d'eau aspiré par le bitume, comme une construction de puzzle qui commence par la fin et se termine à l'envers, c'est comme un débile qui fait son intelligent et qui vous laisse pantois. Main toujours sur la crosse, il y a un bail que je me tâte quand même, et ça commence à me chauffer cette affaire. Il y a un bail quand même que je me dis que c'est un moment comme celui là où il faut dégager de la scène, c'est comme mon pied il est attaché à un fil et la tête en bas, je vois ma vie qui défile, le flot de bagnoles des fourmis qui rentrent à la niche chez bobonne. La veine que je porte des chaussures crantées, je suis plus à l'aise pour ma petite affaire. dégager de la scène ou mourir.

c'est comme si au cinéma...

dans un film, tu vois, la vie est éternelle et on sent qu'elle ne sent rien, ni la mort d'ailleurs, le film se déroule sans parfum, retenu à ses expressions sentimentales, je t'aime, je te fous à poil, je te touche, on se sépare, on vit on meurt tout ça sans odeur... si tu lâches prise et avance nu dans le noir en imaginant que quelqu'un souffle un air frais sur ton passage mais que tu ne ressens pas ce souffle,  silence...tu es mort?

Et dieu alors?

tu vois c'est comme si quand tu pries, dieu apparaît à chaque fois et te sermonne "tu me demandes quoi encore mec cette fois, hein, tu me demandes quoi?' comme si une suspension de points dans l'espace se termine par un doigt flingueur en lettres majuscules qui t'indiquent la voie à emprunter, silence, chuuuuut silence....il m'aurait dit "pries qui tu veux mais pas moi, je suis abonné absent, l'absolu divin. regarde au fond -de la cuvette des chiottes si tu me vois.

comme si je me retrouve seul face à l'autre qui gueule dans ma tête, "y'a un carnage là, y'a un carnage, tu veux que je te pique, tu veux que je te pique", il me propose la lame bien plantée sous le nez, j'oscille béta, faut pas imaginer le pire dans ces moments là, tu t'extirpes, tu humes l'air comme pour retenir le souffle, ton dernier? Comme si l'extase final venait de frapper le milieu du bide, près de la rate, comme si intensément j'avais ressenti un amour intense, immense, ma métisse me scrutait, j'avais l'oeil un peu hagard, perdu dans le fond de ma bouteille, moi qui ne craint pas la piqûre, ça brulait, la main sur la crosse, comme dans un bon western j'avais embrayé le ralenti les images tempo mordant la poussière, le geste sûr je me tenais à ma crosse, comme un gosse à la main de sa mère, pour moi la lumière s'amenuisait sérieusement, un filet passait jusqu'au fond de mon cerveau juste assez pour cibler l'ombre de mon salopard, flingué!

deux jours plus tard, le pantalon sur les fesses, le calebard démonstratif, la main sur une fesse de ma métisse, je sirotais un de ces tétons à l'aise, le canard sur le coin de la table, titre racoleur, recherche coupable pour petit meurtre entre voisins alcoolisés, y'a pas de quoi fouetter pour ça non plus! faut pas exagérer je me suis dit..le temps que...

Trois coups à la porte d'en bas, ça monte vite, le pas est rapide, ma femme explosée sur le miroir du plafond dans une volupté merveilleuse et pour ma part en lévitation tournoyant dans l'air suitant le soufre la moue un peu ravagée. ça a un sale gout le sang, c'est trop suave, trop hypocrite, trop épais, type liqueur.

Comme si j'avais que ça a faire les gars....me faire pointer un de ces sales jours du week end.

épilogue:

Quand j'étais un môme j'ai rencontré une psy après une douzaine...je lui disais "hey madame, hey madame, histoire de lui dire écoute moi Madame"

 donné du temps, écouté expliqué, à mon chevet, sans me juger, elle y était. Et puis rien, j'ai décidé que mon chemin était tracé du doigt de dieu comme dans la bible, je lui avais dit, à ma psy "il n'y a que la bible", j'avais bien senti que ce bouquin s'était effondrée sur elle, tout y était écrit déjà, elle était sympa, mais à cause de la bible elle en perdait son latin et du même coup son job! elle m'avait quand même mis en garde, j'avais fait mon ricaneur et tourné les talons, elle sur le pas de sa porte désolée. Plus fort que toi! marqué par le destin déjà tracé, d'ailleurs je portais le nom de famille d'un sacré mec qui avait fait trembler l'île pendant des mois, dégommant ceux qui l'assommait. Banni est mon nom! Banni est mon destin, yeah man

à suivre....

 

10/01/2009 21:23

 Passer de là d' ici, d'ici à là déjà loin, laisser derrière soi, partir devant, bouche close, lèvres serrées, silence, on surnage dans les nuages. réflexion réflexe. gestes tendus, mains plaquées sur les hublots, de froid à chaud, de l'heure à l'heure, passer du monde à l'autre monde sans sens interdit, glisser sur les tapis roulants, écharpes et gants dans la valise, sur le dos, tracer des sillons sur le ciel sous le soleil enfouis dans le fond des valises. Couler col serré, lunettes de soleil au fond de la poche, empaillé dans un sushi. Je suis le passe-muraille.

Manger des raisins verts croquants d'Italie, les mêmes de Floride, des clémentines du Maroc et d'autres de martinique vertes et cabossées, des poissons de la Manche et d'espèces de la caraibe, et se sentir là à ici sans sens interdit, piment végétarien, piment oiseaux, jouer à la sauce wasabi verte comme les oranges,se soulever de terre,  croquer dans le citron jaune et puis vert. De la côte d'Emeraude à la côte Atlantique, c'est un grand voyage que j'ai fait là en passant par les açores, en aller et en retour s'en m'en aller et de retour. De belles couleurs et laisser les papilles suivre le solfège du sucré au salé. 

Attendre le point final de la ballade sans attendre la promenade ennuyeuse à travers les arbres dégarnis de l'hiver, rejoindre le vert de la forêt profonde tropicale, enfoncer sa terre dans la terre et remuer les pierres poisseuses d'humidité, tête en arrière levée les yeux verts vers la cime des buildings. Et le roulis roula roula roulis roula, and love will tear us apart, babaille and love. incantations au passé présent déjà passé. A mes chers amis.

De la neige au sable, de la dune au morne, de la vallée au pic, du bleu au gris clair, se laisser prendre par les alizés et frissonner sous le vent glacial de la bise, jouer au yoyo du baromètre et comme une bille rouler dans le caniveau, sdf sous le palmier, sdf sous l'angle de la rue des champs-élysées, villes saturées de vies immobiles, en tous les cas, moi je bouge, je m'agite dans la gueule de l'instant moment, bras grands ouverts tourner sur place comme un derviche tourneur. Je suis une sdf au dos tourné, à l'âme retourné, je vous détourne du droit chemin!

Fabrique à rêves éveillés, transformations schizophréniques, qui suis-je dans ce foutras de direction, la girouette que je suis devenue, tourne en fonction de la force des vents. Miroir aux alouettes que du nulle part j'arrive quelque part qui n'est autre que du déjà connu, allez et on recommence en sens inverse, pour retrouver le sens interdit d'une liberté si secrètement bien gardé.

J'ai arrimé sur la côte africaine, porté le sarwel et enfoncé de babouches j'ai traversé le fleuve Sénégal, au milieu d'un vent de sable rouge, j'ai mangé du manioc et ravivé le feu des ancêtres, j'ai traversé le temps passé pour remonter dans le présent de la spacieuse avenue de l'Indépendance et je suis redevenue libre de ma transhumance. Force en mouvement, un talon qui frotte à terre et l'autre qui tournoie dans l'air, je crache mes kilomètres comme un enfant haineux, je dorlote le goudron et le cire de mes semelles.

Tourner la page de l'autre côté de la tranche de l'Atlas, femmes grimées de résine et de khol, sous la tente bédouine, j'ai vu le désert et la colonne de scorpions sur l'horizon au loin. Loin.

Je m'éloigne et m'approche en m'éloignant de nouveau, de vous.

 

 

 

01/11/2008 22:41

C'est loin de la métropole, loin du cimetière de ma grand-mère, loin de ce petit coin calme le long d'une route déserte, loin des arbres sans feuille, c'est loin de l'Ouest de la France recouvert de chrysanthèmes sous le froid et la grisaille, c'est loin de la tristesse et des gelées. C'est loin du cimetière de banlieue parisienne où repose mon grand-père déraciné entre des immeubles et au milieu de milliers de tombes. C'est loin.

Dans le petit cimetière du village de Martinique, il y a résurrection ce soir. déambulation entre les allées, les vivants attendent leurs morts.  Les ténèbres sont claires, d'en bas, le scintillement des bougies les éclairent. C'est comme une porte entrouverte discrètement sur l'au-delà et là, fragiles les grands-mères viennent embrasser leurs petits enfants, serrer leurs fils et leurs filles, chérir leurs époux. Encore une fois à la Toussaint. Les morts sont vivants. Les pères conseillent toujours leurs fils. Il fait bien tiède.

L'honneur aux ancêtres, leurs tombes sont  devenues des pierres précieuses, avec  des bougies par milliers réveillant leurs âmes endormies, les airs embaument de fleurs. Le village est tout entier réveillé, on va veiller toute la nuit jusqu'au petit matin.

Sentir la présence de l'ancien dans le caveau à carreau. Le temps ne s'arrête pas il est esprit, le vieux veille sa défunte assis sur une chaise de paille sous son chapeau de paille, à la porte de sa dernière demeure, des parents rient auprès de lui, se saluent devant les vieilles voisines qui passent, rejoignant un autre groupe de parents, le monde porte des chapeaux et des voilettes, on s'est habillé pour l'occasion.

On me dit bonsoir, je dis bonsoir, je déambule. je prends le temps de l'immortalité, on est bien ici, bercé par l'amour qui passe entre les hommes, entre les chuchotements de prières, entre les mots qui s'envolent vers là-haut. Nous aussi nous avons mis nos beaux vêtements comme si, pour l'honorer à travers nos pas. Mon enfant ne parle pas, elle me précède silencieuse, elle retient déjà les souvenirs. Les nôtres perdus à travers le temps.

On s'assied à dix sur le caveau et on palabre de la vie, il n'y a pas d'écho, les mots restent là retenus par le souffle des morts, on parle et on leur parle, c'est juste une histoire d'amour que l'on se raconte encore une fois. Je salue ma voisine.

Le ciel est doux et sous les étoiles, le petit cimetière est un point de lumière et de bonheurs, la tristesse n'est pas la bienvenue. Ici quand on meurt, on ne meurt pas, on est juste au firmament, dans l'immortalité, auprès de jésus, auprès du Seigneur. on rejoint les siens. Il n'y a pas de pleurs, pas de cris, l'ancien temps rejoint le Temps. Mémoire, album photo.

On se signe, on ouvre les sacs plastiques, on mange, la nuit sera longue.

Certaines demeures sont recouvertes de parfums légers.

Dans le petit cimetière,  des tombes sont restées sombres, la lumière n'aura pas jailli, il y aura l'éloignement des uns en métropole, l'oubli de certains autres, le deuil jamais fait pour certains, jamais revenus. 

Au milieu des lumières, au milieu des fleurs, dans la nuit, j'avance et je cherche une main, ce sera celle de mes enfants. Au milieu du petit coin de paradis, je recherche une main, je ne la trouverai pas, je ne suis pas au bon endroit, seulement au bon moment. Et je marche droit devant entre les allées, je marche droite pour ne pas trébucher.

Dans une année, la trouver, j'irai éclairer, illuminer sa tombe perchée dans le petit cimetière de Saint-François, j'irai la fleurir, la parer, j'irai lui parler, lui dire encore que je suis née sans elle, sans la voir et tous mes regrets restés secrets, qu'elle est dans l'entrebaillement de la porte depuis toujours, depuis le jour toute petite, où je l'ai priée accompagnée de mon père si petit ce jour-là et derrière en silence de mon grand-père éteint de tristesse. Sous le soleil d'Aout. Nous avons descendu l'allée, quitté le cimetière sans un mot, le pas lourd, le temps figé, la gorge nouée. C'était une petite dame frêle et douce...

Toussaint. j'ai senti un parfum frêle et doux auprès de moi, se poser, flotter dans l'air et puis le frais est revenu.

 

 

 

29/10/2008 23:58

 Tournicoti, tournicotons sur le manège enchanté de la vie! ne nie pas que ta ritournelle de la vie n'est pas coton, cherchez toujours et encore à foison, d'inventer de l'ancien pour faire du nouveau, c'est pas la rime qui manque, le fard à joue qui camoufle les rides et les teintures la blancheur des cheveux, tourne dos bien grillé ou comment se donner bonne mine quand la grisaille des existences s'échouent inlassablement sur ton espace d'écoute, ne pas trancher dans le vif, laisser défiler les larmes, ne pas assassiner la misère, elle est déjà six pieds sous terre.

Alors tourne, ne nie pas que c'est pas dans du coton que les habits sont faits, mais dans une toile épaisse au rabais, les yeux sont froissés et les dos voutés , respiration, on est dans les ébullitions de l'âme perdue.

L'hôpital est désaffecté ou presque, c'est tout comme, on y reçoit des craqués de la cocaine, des accros aux petits cailloux blancs, ils sont maigres, à peine vivants quand ils arrivent et pourtant la preuve la télé est là pour nous accueillir et pour recevoir le témoignage d'un survivant. Accordéonne moi à la Léotard, pardonne moi mon retard, j'ai une chanson à te sonner, à te donner, amour amour de la dope, amour amour je me suis bien shooté, quand j'étais petit j'étais né dans la canne et puis j'ai ramé dans la came, et je m'en sors à coup de slam. Tu vois je te souffle dans les cheveux mon histoire.

Nous, tous assis devant lui,  en silence, bande de psys, bande à part, bande es qualifié, jambes croisés, nous avons applaudi sa réussite et notre malaise ne s'est pas pour autant effacé. Combien de temps cette rémission? Et je n'ai plus pensé. A rien. effet climatiseur.

Une journaliste réanimait un de ces enfants perdus le micro enfoncé dans sa bouche, témoigne témoigne allez témoigne, respire, témoigne, tousse, tousse, témoigne. Pendant ce temps, je visitais la salle sécurisée de la distribution de métadone, plusieurs box, un pour se déshabiller, l'autre pour pisser, vérification des urines avant de distribuer. Une caméra au-dessus de moi, c'est justement là que je m'aperçois que dans ma déambulation un photographe me suit, le zoom plaqué contre sa focale, il mitraille moi, "pour son album personnel me dit-il", il y a des toxiques partout décidement, foncez au buffet vip avec les officiels.

Homme frêle, vie frêle, ton beau costard pour l'occasion n'empêche pas le lapsus de ton identité témoigné en direct sur tv locale "je suis un craker, euh non un ex", localement tu es en rémission mais pour l'international, les cigares poursuivent leur route chargé du poison et ils croiseront un de tes bateaux de pêche sous le nez des douanes, l'hélico pourra bien survoler comme elle nous survole régulièrement dans un apocalypse now chargé de militaires en armes, en jout! Les poissons volants. Toute turbine dehors!

Ici c'est la guerre, la guerre contre un deux des milliers de petits cailloux blancs, une fois et tu es mort en un mois, Zombie tu seras, caillera des petits cailloux blancs, trafic, 2000 euros de consommation par mois, tu te prostitues dans la savane et c'est encore une histoire de culs qui domine ce monde. Biftons contre rocher buvard à l'extase immédiat, dangereuse explosion psychédélique qui t'abat.

Si lui cracke, elle cracke aussi, les histoires finissent comme toujours, le crack n'empêche pas l'enfantement, et les rejetons sont dans nos services, la boucle est bouclée.

Panier à salade, tournicotis, tournicotons, les lèvres sont sèches, un bras à terre, le buste posé contre les marches de l'église, tu m'appelles de tes yeux vides, tu me tends une main, il y a quoi dans ton sac plastique? le vomi de demain! Ne me regardes pas, je ne suis rien, je ne peux rien, je ne te regarde pas alors ne me demande rien! Angle de la rue, police contrôle les identités sauf la tienne. Mon sac plein de liquide s'envole au vent, vent de panique, souffle de camé, le pas rapide, bousculade dans la rue, à terre, genou plié, petits cailloux ont creusé la peau, c'est la dégringolade, le plaquage au sol, chute. Bruit, front collé à terre, beuglement, témoigne, témoigne, respire, souffle, témoigne, respire, souffle, souffle, respire.

Et je n'ai plus pensé à rien, effet aspirateur.

 

 

25/10/2008 01:17

Matinée au tribunal, passage par la sécurité, présentation du pass, accès aux dossiers, direction aux étages, passer par la salle des pas perdus, froissement des audiences.

Autre porte à accès autorisé,  Accès au bureau des expertises, le greffe part me chercher les dossiers.

La prison est froide, les murs sont glacials, on entend gueuler des mômes qui s'insultent d'une cellule à l'autre, tourner les pages, dossiers bétons, dossiers garnis, milles feuilles indigestes. L'un vient de sauter sur l'autre, rencontre banale au quartier mineur, on ceinture et puis c'est tout et on range au placard.

Le tribunal ressemble à une forteresse haute sécurité; La salle est climatisée, une chance. les portes sont blindées; le tribunal gardé! On comprend mieux pourquoi au vu du nombre d'homicides à l'année, tous les lundis matin, je sais grâce au France-Antilles du week end qu'elles seront les prochains sur ma liste, criminels, dans le bac à sable, . police à l'entrée, police au centre, police sur les côtés, police sortie, cars de police et rejetons morveux en arrière-plan, il faut bien exister quelque part sous les yeux de la Loi. fringale de hamburgers, pantalons élargis sous les fesses, on se la joue à la dure sous le soleil du vendredi, tape là mon frère! avant qu'un jour je ne te frappe, avant qu'une fois pour toute je ne te tue. Procès de gendarmerie+témoignages à la pèle, c'est criminalisé, 10 procès de jeunes aux assises à venir. Le tunnel n'a pas de bout, c'est noir et ça va le rester pour eux pour longtemps et pour nous aussi. 

"Mon père est en prison, mon oncle à l'étage supérieur, c'est des caids et on se fait des parloirs à l'interne, c'est plus convivial", la transmission ça marche aussi dans le hors la loi des hommes d'au-dessous, il y a ceux qui règnent aux ténèbres et s'organisent à l'interne!

"Non tu ne me fais pas peur, ton poing est bien petit, tes dents serrés mordent la terre, tes yeux brulent mes yeux, mais tu ne me fais pas peur", j'ai peur.

"Je tue il, je tue il m'a cherché, il tue moi, je me tue toi, tu me tutoies".

Alors, on a joué de la gachette, alors on a brandi la machette, on a jeté l'autre à terre et on l'a poignardé, mieux on lui a cassé la tête à coup de roche, je tue toi, j'ai fracassé sa cheutron et moi je me suis dit t'es trop véner, je me tue ensuite! j'ai lancé ma moto entre deux bagnoles, j'ai rebondi sur le bitume et là je suis mort, pour de bond, sans rien laisser sauf les pleurs de ma mère en guise de salut posthume. c'est trop tard!

Même pas! "Moi X. 15 ans j'ai tué mon voisin, mon copain, mon frère, enterré la femme qui s'occupait de moi, j'ai violé ma soeur, violé ma voisine, flingué le buraliste, j'ai shouté le proprio de la baraque que je cambriolais, moi j'ai 15 ans et je suis un meurtrier et la vie j'en ai rien à foutre. Je me fous de tout, je me fous de tout, ce que je veux, c'est des clopes, de l'herbe, mon portable, de la tune, une caisse et baiser qui je veux quand je veux. je suis dans un supermarché, je me sers et je bouffe qui passe dans mon rayon, je dévore ce que je touche, je vomis ce que je supporte pas, la Frustation! Je suis un consommateur dangereux, je me sers, je déchire, je dissèque et je ne suis encore que jeune loup en apprentissage".

J'ai regardé les dossiers, chercher dans l'anamnèse, trouvé des enfances meurtries, et puis comme çà sur un coup, un seul un enfant devenu un meurtrier! 

"quand tu parles, tu ne parles plus, tu salopes! qui ne dit mot, dit la merde, ta bouche est pleine d'injures, de phrases pleine de salive, ta salive est remplie de pourriture, tu n'es plus qu'un déchet, ta bouche bave des ordures à la louche, tu ne témoignes que dans la fiente. Mais comment arrivent-ils à être si grossiers, se demande encore le corps éducatif. Ils parlent ce qu'ils sont devenus, des tas d'ordure" 

Rebus de la société, rébus de chapelet vulgaire,  vocalises nauséabondes, logorrhées narcophages à la nécrophile confusion, coprophagies verbales, liberté chérie je te déteste toi et ma mère, je suis pupille de l'ordonnance 45, enfant de la comparution immédiate, imitateur de sirène et de gyrophare, je ne crains rien sans gilet pare-balle, je me ballade avec mon pistolet dans la poche qui tire tout seul, mon couteau de barbier entre les dents, ils sont mes anges gardiens et vous n'y pouvez plus rien. c'est pas moi, c'est l'autre qui m'a cherché.

et demain je suis le feu, je ferais cramer du fait divers, sur la route mes copains se lanceront en furie , pour le shout...final, course poursuite avec la gendarmerie, passer entre les bagnoles, passer entre les lignes de ponctuation, danser sur une roue, se jeter en cavale, ma priorité est sous adrénaline, bagnole, bagnole, la trouille aux trousses, cartonner et jouer au chat et à la souris devant un gyrophare puis deux, puis trois, aller l'ivresse, je ne suis pas un adolescent comme les autres, je ne suis pas un rebelle, je ne dors pas, je veille, et file file toute réserve de kérosène, blinde le moteur, lâche le guidon, et mates moi, mates moi, je t'épate, je meurs toutes les secondes,le sable sablier, marre, à bout,je ne suis pas comme les autres.Je suis unique!Je suis le vip sur leur pc de sécurité, sur cette fameuse route sinueuse qui longe la mer caraîbe, au loin Sainte Lucie.

Moi X, 15 ans, criminel dangereux,je ne vois pas où est le problème!

Mon problème, en fait c'est toi, l'autre, celui qui me demande des comptes.

Pa ni pwoblem............................................ 

Hier, un mec s'est offert une course pousuite dans la gendarmerie d'une commune, il a déclaré qu'il voulait mourir...


12/10/2008 22:55

Trainer le pas dans les poussières,, chevilles attachées à la chaîne, existence noire palie dans le sablier! chaines attachées aux chevilles. Rejoindre la mangrove, détacher la pirogue et fuir, i like freedom, enfant neg mawon sur le fleuve au milieu des masques pâles trace sa route dont il ne connait pas encore le chemin!

Affalée sur le carrelage du couloir de la salle d'attente, Mary fait dans la provocation, s'abandonne à la nonchalance, le mandat judiciaire ne lui soutient pas grand chose, ni les seins, avachie prenant la fraicheur, elle s'adonne au jeu du bruitage sur le carreau blanc, roots, rock, reggae, que dire? Chez elle elle n'a pas de fauteuils,  le monde s'asseoit par terre et nous on se penche à ses pieds, alors...quoi dire? passer son chemin pourvu qu'on le connaisse. Et attendre que ça lui passe.

Wallys beau poupon jouflu de 16 ans à la gueule d'ange, m'attend très poli, me serre la main, déjà une bonne poigne, je suis une toute petite femme à côté de lui, il veut continuer à voir un psy, le psy veut bien le voir, comme il parle la langue de l'arme blanche, "I shot the sheriff", on va voir ce que ce petit a dans les tripes de l'inconscience....alors quoi dire, pour le moment rien, rencontre. la préventive, de la blague. Donc, on va bien voir ce que le CJ apporte, on va bien voir, pa ni pwoblem. Il y a eu une secousse de 4 de magnitude, rien ressenti, personne d'ailleurs, on a plus tremblé devant Wallys parait-il, en transe sous l'uniforme. Wallys,  psychopathe aux herbes naturelles.

demain se traîne Rony rasta de 12 ans qui sous le bonnet, fume depuis qu'il en a 8  je croise sa palabre. Hey woman, c'est cool, ma mère fume, je fumais déjà son sein, mon père fume, mon grand-père fume et toi t'es cool comme métro palé kréyol? Il parait que c'est normal selon l'éduc, on  fume très jeune en pays rasta, quoi dire? je veux voir ton père, il est en prison, bon on fera sans. Bob Marley, ... on fera sans aussi! Et le grand-père, il est à la Jamaique.

on fera avec c'est ma philosophy après tout, j'ai bien dansé à 8 ans sur le double album révolution, alors ...on va dandiner de la tête, onduler des épaules et suivre les cuivres et le rythme et si il faut en passer par l'air de rien, on va en passer par l'air de rien, il se passera bien quelque chose à force de pas grand chose.

L'air de rien sous les nuées, l'air de rien sur le bitume,, l'air du matin dans les rues de FDF qui ouvre les persiennes et les boutiques, l'air de rien le taxi collectif qui éjecte ses passants, l'air de rien sous les feux tricolores, je n'en pense pas moins.

 

Géolocalisation -> Ouvrir dans Google Earth
11/10/2008 22:54

 Le matin belle, sans rien ajouter tu te sens belle! et on te le redit mille fois du coup tu ne peux que te sentir belle et ce n'est pas de ta faute! c'est comme çà. Tu serais laide que tu serais quand même belle, il y a des valentins partout qui te sussurent que tu es belle alors pas trop belle pour toi, juste pour des inconnus qui te disent, qui essaient une touche et ensuite de te toucher au coeur puis avec un peu de chance frôler tes fesses.

Ici 'est l'île de la tentation, taux de sida au rouge cramoisi, kssssssiiiiiiii toi tu es belle, viens voir eh ksssssiiiiii viens voir, j'ai un truc à te dire oh! c'est toi qui sent bon comme çà, eh ben, t'es sympa; Mignonne allons voir si les  hibiscus sont fleuries, hep' tu es touriste? hep t'es bien jolie, tu t'apelles comment? hey tu comprends le Kreol, kssssssiiiiii on va peut-être pouvoir se revoir demain matin au ponton! il n'est que 8H30 et la pêche est déjà ouverte, parait que j'ai une belle bouche, une belle peau, une belle voix, une belle robe! Je plais à tous les blacks, jeunes, trentenaire, quarantenaire, vieux, rasta, policier, manoeuvre, boulanger. Tous! je suis un prétexte libidinal! même les SDF sont déshinibés!

Les hommes sont tous abdominalement sexy, torse nu, se livrer quasi à poil!  très touchant même si on ne touche pas sinon bonjour la conséquence inconséquente! libidinale! Il y a du "bb" partout. Entendre, bed and breakfast, belle et bombe, baby!

Et sur le ponton le matin, l'eau est claire, dessous il y a un aquarium silencieux qui s'agite, dessus un mâle qui s'agite et se rapproche, et mes neurones qui se crispent, 8H30 l'ambiance pour lui est déjà au rouge cramoisi! le fer est chaud! C'est pour moi, plongeon dans l'aquarium, histoire de se rafraîchir un peu! 

Plus loin, la formule sex and sea and sun, marche aussi, un gourou métro la cinquantaine, les cheveux longs blancs jaunis flottent dans la transparance de l'eau, une gazelle brunie et ridée par le soleil, la clope et l'alcool sous ses phéromones, s'accroche à  sa bouée de sauvetage plus ou moins virile, intelligence divine. Dans mon maillot de bain, je me laisse bercer par les incantations de l'homme à la femme "tu vois tu es bien, il y a un autre espace, un espace parallèle, une autre dimension où tu trouves la paix et je te le dis il faut espérer en Dieu, car Dieu est immense, tu vois ce poisson est rempli de foi..." Là je lâche ma prise, je crawle vers la géante étoile de mer, trouvée une raison de s'éloigner du délire schizophrénique du gourou-éponge qui plonge sans bouteille à la mer et se prend pour Dieu le père!

remontée sur le sable, Don juan n°380000 me déshabille je n'ai plus qu'à me sècher, reprendre mes esprits et rejoindre la réalité, un jogger passe et repasse devant moi, derrière moi, un clin d'oeil lâché sur le sable en vérifiant son pacemaker, ksssiiiii, ksssiiiii. Kolé, séré, Au secours, je ne suis pas si belle quand même, au secours vite prendre la navette et aller m'enfermer dans mon bureau aquarium.

SURPRISE!  encore rien vu, rien entendu, rien senti, celle de la sueur du mâle plus noir que l'ébène , qui sue et qui te chuchote des mots enflammés plein de désir, sans gêne, sans retenue, le scotch ça colle le scotch. Il maintient ma main dans la sienne, trouvant le ticket comme alibi d'approche, Pas de sortie possible, sinon se jeter à la flotte au milieu des requins, rester à bord et se faire dévorer des yeux sous un torse perlé d'envie sexuelle,sa bouche fait un souffle d'air jusque dans le creux de mon cou,  ceci est bien sadien! Où vas-tu ainsi pensée érogène? Ce monsieur dégaine plus vite que je ne respire, "u me plais beaucoup, tu es vraiment très très belle, tu me plais beaucoup vraiment, ça te fais quoi que tu me plaises comme ça? on va faire des choses ensemble", éclat de rire qui désamorce la bombe sexuelle, j'explose de rire encore et encore de plus en plus fort, le sparadra est bien fixé, je remercie d'autant de compliments,de si bon matin je fais ma petite oie blanche, ça peut déplaire mais ça peut aussi renforcer le danger, "ne ris pas comme ça, je te parle sérieusement" certainement que le gars en effet se lâche, après avoir attendu tous les jours de me voir tous les jours monter dans sa navette et là c'est la journée apothéose, on ose! j'ai sorti ma carte famille nombreuse, ça me dit-il ça ne change rien! Dans ma navette, il est 8H45, je me sens quelque peu envahi dans mon intimité, je croise les bras, ça coupe court la communication m'a indiquée mon ostéo, oui mais en métropole! pas ici.

pot de colle, scotch, agraphes, cutter, trombones, je suis ensuite passée à la librairie antillaise, le caissier était un caissier climatisé, très courtois sans plus. Pas de valentinage. respiration normale, pas de tachycardie! 

Hypothèse: la chaleur provoque une montée de sueurs qui trimballent des phéromones libres non censurées par le surmoi (sorte de climatiseur, régulateur de libido); Le climat a également un rôle dans le déchainement des pulsions, voyez en Bretagne, le frigiddaire n'échauffe pas les esprits comme le caissier climatisé introverti par artifice sexuellement! 

AUjourd'hui, il pleut et il ne fait plus que 25°, il semble que ma théorie se confirme....

 
 

FIN, 

19/09/2008 01:43

Mer grise, le ciel est gris. Les parapluies, des parapluies, le vent est un vent doux et violent. Les rues sont brillantes et désertes, on y a mis du vernis. Les trottoirs débordent de flotte. La rue est miroir, le corps  se plie sous les bourrasques, les vagues déferlent sur le sable. Les palmiers sont secoués.

On attend dans la zone d'embarquement, étiquettes au col derrière la limite de courtoisie, présentation de passeport, on soulève le petit enfant jusque sous le nez du douanier pour contrôle d'identité, on vous rend les papiers sans un mot, un signe vous dit de passer de l'autre côté de la barrière et vous serrez les fesses, un chien vous renifle, manière d'accueillir le voyageur, même s'il est propre. 

Saint-malo si près si loin, ça y ressemblerait la chaleur en moins. les remparts sont glissants, les rebords humides, l'air est frais. les façades endormies sous les sifflements du vent. L'odeur de la bière monte, parfum léger qui alourdit l'air. C'est la moiteur bretonne. Les ivrognes gueulent un charabia colérique.

ICI, Deux rastas fument leur joint adossés contre le dos du sable, tressées  leur tête, blondes comme le blé, heureux sous les gouttes, dans leur guenilles, sous les effluves de leur acre tabac marijuana. Les deux errances une bouteille à la main, la guitare dans l'autre main cherchent un abri. Pourquoi pas sur le quai de la gare? Ou porte saint-vincent? Ici, Ce sera dans la petite anse à l'abri des flibustiers. Sourires béas aux lèvres. Peace and Love.

Un hélicoptère de l'armée suit dans un bruit terrible à quelques mètres un hélicoptère de la gendarmerie, ça tournoie, recherche de disparue...ça plombe encore plus la journée. Un black demande mon prénom, me marre, aujourd'hui ça ne m'amuse pas et toi? Me demande si je reviens, ça ne m'amuse pas plus, danse de sioux, levée de bras, intimidation, yeux qui roulent, rugissement du fond de la pensée, transe névrotique, je paralyse à blanc. Peau de margouillas sur le dos.

Haîti  dans toutes les têtes,  plan de solidarité  mis en route, on donne on donne des vivres, les facteurs récoltent des enveloppes d'argent, on solidarise, on aurait pu en être, on en sera peut-être, c'est dans toutes les bouches, dans toutes les pensées, on en parle chez leader, à la station service, chez mon voisin qui pense que le vaudou leur a porté malheur, lui c'est pareil il en parle avec un souffle de marijuana mais le vaudou, juré il y touche pas! On retient ensemble la photo de l'enfant aggrippant sa mère dans la boue.

L'onde tropicale  vient du Vénézuela, elle  fait attendre, attendre, plombe nos âmes, le soleil est parti on ne sait où, il est où ce  soleil, c'est la pleine lune d'avant hier qui a tout détraqué,  désordre, mauvaise humeur, quelle stupeur dans les rues!  Froid?! il ne fait plus que cinq degrés de moins, imagine la montagne pelée enneigée. Il n'y a plus de rires fusées dans les quartiers, on est calfeutré, on éteind.  On est seul. Qu'est devenu le pouvoir de l'assemblée des anciens sur la nature?

Vigilance sur les radios, sur les télés,sur le net, on écoute, on retient, on écoute, on éteind. j'ai préparé les allumettes et les bougies, on sait jamais. Plan Vigilance, plan vigipirate, plan Edvige,  fichage  à 13 ans et ça nous donne quoi de plus? gamin fiché à 13 ans, ici il y en aura combien? Va t-on remplir les quotas? vigilance....pour un enfant de plus qui aura 13 ans et pourquoi pas 10, pourquoi pas deux? Sûr que l'état de vigilance c'est l'état de précaution sans précaution, au cas où le débordement des égouts, se transformerait en débordement d'une génération de jeunes adolescents furieux, craque l'allumette. Les jeunes pousses sont brisés avant qu'elles ne deviennent matures, on peut toujours espérer un reboisement de l'Amazonie.

Et ce n'est rien. L'onde tropicale n'est qu'en jaune. La société va très bien, elle fiche ses enfants en rouge!

Tiens une flaque d'eau, sautez dedans à pied joint en tongues, sautez, sautez, sautez et retenir sur les mollets les morceaux de boue d'Haiti, son souffle, sa colère et on avance, on frissonne sous les gouttes, un pas en avant, un pas en arrière, on tourne au coin d'une rue, on se courbe. Fichez! Jetez dans la poussière, le nez dans le ruisseau, les morveux de la République qu'ils soient bleus, blancs, rouges ou noirs. Vous plierez puisque vos parents sont des nigauds et ne vous font plus supplier! Reconduits à la frontière de No man's land.

L'avion prend de l'altitude, ça va secouer, il y a des trous d'air. Où est l'opposition des forces? Tout plane, les rastas se sont endormis l'un contre l'autre au pays des brumes de la Jamaique, flash, photographiés sur le vif. Fichés. Trop tard, ils sont déjà bien loin.

Va, cours, respire, hurle, crie, résiste, pleure, danse, mord, aime, haî, je te déteste, je te déteste pays empoisonné par la suspicion, je te méprise médiocre société, l'Homme est et nait libre et égaux en droit, il va, il court,  hurle, il crie,  souffre, respire, il pleure, danse, il mord, il aime, haît, il déteste! L'homme est maladroit, petit, fragile, souffrance, mauvais aussi comme bon aussi. Là ça ne se fiche pas, on ne peut ficher la nature humaine, les devoirs et les culpabilités que l'Homme se donne à travers les différentes figures qu'il jouent. Sa vie est une tragédie romanesque.

Attention à l'onde qui se soulève sans bruit, sans pluie, sans air, attention à la suffocation. L'air est lourd et la pression des canons à eau n'y pourra rien! que faire s'ouvrir les parapluies et les pages des journaux plaquées sur les trottoirs.

Il parait qu'ici tout est à faire pour la jeunesse qui se joue des deux rives, on m'attend sur plusieurs commissions sensibles! et moi, au tournant, je n'attends plus que la prochaine éclaircie.et encore Je suis mise au secret des secrets à tenir secrets, il parait que ....on est surveillé du fort.

L'atterrissage  périlleux.  la piste est glissante, les passagers applaudissent. je suis renfrognée, fait gris, froid, moche, le chien te renifle à l'arrivée, le taxi fait la gueule.

Les rues sont bondées sous les parapluies, alors odeur de tabac froid à la brasserie, cheveux hérissés, décalage horaire, il y a une dépression sociale sur les boulevards, les banques ont fait faillite, les grèves paralysent l'économie, les sdf sont de sortie ce matin,sac plastique à la main, main tendue pour la pièce de monnaie, monnaie courante, courante affaire, affaire ténébreuse de sans abris, abris de fortune, fortune en bourse, bourse des errances, lé pani pwoblem c'est ailleurs, l'avenir est ailleurs on disait! pour assurer les créoles d'un avenir meilleur en métropole. papiers d'identité svp, antillais tu es, noir tu resteras, africain de type, tu seras contrôlé. pas de reconduite, pas pour l'instant! L'avenir est ailleurs...

ma photo sur le passeport est agréable à regarder, je suis bien fichue fichée finalement! 25 ans plus tard!

A 13 ans, j'avais 13 ans en Afrique et j'étais blanche au milieu de noirs. Pas de contrôle d'identité, pas de reconduite à la frontière. C'est tout. Dieuredieuf oualof.


 

11/09/2008 01:27

 Nous étions, là las tous assis. On attendait la navette nous ramenant de fort de France, tous collés les uns contre les autres,  couleur de peau sur couleurs de peau. Une chaleur suffocante sur le quai, le soleil au zénith passait par là enragé de nous faire fondre. Derrière, les bagnoles passaient au rythme des klaxons. la capitale bouillonnait!

Je me souviens alors de ma discussion avec le libanais marchand de tissus sur le coût du textile, comme çà! je revois sa bouche pulpeuse et son petit corps mal proportionné qui se déhanchait devant son code barre et la tonne de tee-shirt que je venais de lui acheter pour une bouchée de pain. Et en plus, j'avais le culot de lui demander quand commençaient les soldes! Ici c'est le premier octobre.

Gourmandise du vendeur de chez nuggets et de sa surprise, "tu cherches quoi?"et que je lui demande implorante l'album de kolo Barst "vous connaissez?" "Bien sûr" dit mon pot de miel,

C'est clair les antillais aiment les femmes, après est-ce qu'ils ont bon goùt c'est une autre histoire. La drague c'est pour tous les âges et ça commence sur la cour de récréation.

 sortie de ma rêverie, au feu à gauche,

un vieux, grand, maigre  jean trop large,  chapeau enfoncé sur le crâne, passait en titubant, imprégné de rhum, gueulait tout le temps, chavirant de côté, se retenant de sombrer dans la flotte. Des va et viens comme on va et viens dans l'ennui de la vie d'ivrogne. Biguinant avec un déhanchement bien peu consensuel pour les vieilles qui le regardaient sévèrement.

Tout le monde, la cour,  jaugeait pauvre dandy descendu de la rue case-nègre, l'attente n'était plus pour la navette mais pour la chute, la chute dans la flotte, la chute d'une existence.

Mon film préféré c'est rue case-nègre, je frémis toujours quand la vieille à la pipe rosse son petit fils  enivré avec ses copains au rhum et a fichu le feu à un coin du quartier, une rouste qui mérite le respect. Le vieux mérite une bonne rouste c'est ce que les vieilles pensent sous leurs sourcils froncés, je souris, ça me rend heureuse! Je retrouve un mode d'éducation bien de chez nous! Quand l'enfant sort du chemin, c'est le jugement dernier.

Avant, l'esclave était battu, humilié, il devait se taire, il devait travailler dur et encore et encore,le feu au coeur, ça a duré longtemps et ça s'est transmis, le petit ne doit pas échouer, petit il doit savoir à son tour comment les ancêtres ont souffert, il doit obéir et réussir, il ne doit pas faillir, il doit se soumettre et ne pas se soumettre en même temps, il est dans le devoir de réussir pour prendre la revanche sur le siècle passé. L'honneur est en jeu, la dureté des sentiments et des mots aussi! Enfant, tu es descendant d'esclave, tu ne dois pas oublier celà dans ta chair, dans tes oreilles.

 On entend venir le son d'une petite clochette qui s'agite sous la canicule et une petite voix aimable propose de la tendresse, de la fraicheur, un petit sorbet bien frais que tatie a préparé, "une petite fraicheur madame?" Moi de répondre par un non timide de la tête et un sourire  sorti de l'enfance,Bête, bien seule, bien pauvre une fois la dame passée qui cherchait à faire partager ses douceurs pour 1 euro cinquante seulement!! j'ai préféré laisser défiler le film, profitant gratis de ce beau visage plein de gentillesse, préférant profiter de sa pauvreté.

 Elle est repassée devant la cour, le pas lourd, lent, traînant. L'homme ivre la suivant pour un petit gobelet de goyave, la clochette marquait le rythme du cortège. Au début, tu passes avec un sourire, ensuite tu passes ta route le dos courbé. Esclave de la misère.

 Le catamaran gigantesque s'est envolé  laissant derrière se poursuivre la saga de la ville.

Demain je retournerai et j'y suis retournée mais je n'ai pas pu retrouver la sorbetière.

07/09/2008 01:44

(Pour lire cet épisode: à écouter avec le mp3 look around)

Tow tow tow, il était tôt trop tôt! Ce matin.

Tow tow tow !le jour venait de se lever et dehors tow tow tow...tow tow tow! la voix large, écholalique!

une espèce masculine tambourinait de sa grosse voix: tow! tow! tow...et tow,tow,tow plus rapide.

Mon oeil peinait à s'ouvrir, ma bouche pâteuse du punch de la veille tentait un 'c'est quand même trop ce tow tow tow" et nous étions deux à résister à l'appel de ce Monsieur insistant posté derrière notre barrière  Un ours affalé grognait sous la moustiquaire. et les moustiques se faisaient éclater contre les joues, les fesses, les cuisses,.

Et plus fort, plus culotté, plus armé vocalisant les tow tow tow au rythme de  kuti, tOw, ToW, TOW TOOOwwwOOO. YESSS, l'imposteur du réveil matin, hello c'est votre room service! Rien demandé, dormir dormir...laisse nous homme sonnette, homme réveil, zombie de la nuit, laisse nous pieuter! Homme de malheur! réincarnation de crapaud, crapule!

Un coup de saxo dans le tympan et ...TOW TOW TOW, yeahhhhhhhh, on ne bouge pas, main en l'air arrêt sur image. Bouche bé, pupille dilatée, "Pieeerrrre" gueulé 20 fois! Là c'est le pompom, le saut de la langouste dans la mangrove, le cri de la grenouille dans le living-room, pieeerrrrre roooom service, tow tow tow! Bond sous les toits de bambou!

"et c'est pour quoi mec? Tow tout, tu veux quoi?" disait compère L'ours en caleçon sur son balcon"TOW TOW il est trop tôt mec! tu déraisonnes!" 

"Hey Hey tu me reconnais!?" lui répondit guilleret compère lapin, le baluchon sur le dos.

"Non je te reconnais pas car je te connais pas!" secoua crinière compère Ours

"si on se connait! on s'est croisé à l'épicerie du bas de la rue...(Yesss au coin des crackers!) Compère ours reste silencieux, se gratte la tête et rétorque "non je ne crois pas!"

Commère Tigresse bien réveillée ce coup-ci s'en va souffler les paroles à Compère ours encore endormi, attention, sent-elle, c'est un piège! ça va dégainer sec.

le mec raconte la palabre à 7h30 et c'est radio taxi dans la rue!!

"yes bon tu vois ma grand-mère est malade" hummmmmmmmm

"ah bon?!" fait l'ours en lévitation sur sa balustrade,

Je souffle "c'est des conneries, chéri rentre, chéri ne le fais pas entrer, doudou vien te recoucher, laisse donc, bon dié laisse donc bon dié de bon dié"

L'ours un peu méchant: "et oui et j'y peux quoi?"

et là compère lapin se tortille la bouche, baisse ses petits yeux moqueurs et dandine de gauche à droite "tu vois compère j'ai un peu besoin d'argent pour mettre de l'essence dans ma voiture et l'emmener chez le médecin"

Compère ours a un temps d'arrêt, silence, on réfléchit et le temps presse, Commère bien avisée lance, dis lui que tu n'as pas de monnaie et qu'il demande au voisin!

"j'ai pas de monnaie, vas demander au voisin!"

et compère lapin s'en retourne, penaud la carotte entre les jambes.

Compère Ours s'affale sous la moustiquaire et se demande tout haut "comment y connait mon prénom le gars?" Commère réplique agacée "c'est marqué sur la boîte aux lettres!"

ça a bien fait rire dans la matinée le voisinage qui se délectait de notre réveil en kreyol, bon dié faut que la rue du fromager s'amuse mais demain matin au moindre tow tow tow je m'en occupe Ye mistikri Ye mistikrak! Missié ze dame mwen vini en lé place la et ça va konté, autrement l'histoire de compère lapin un peu trop matinal! et là tu vas voir es ke lakour dor...car je vais la towtowtowyé