Comme une suspension de points dans l'espace retenue sur une tranche de papier, c'est comme une araignée suspendue à son fil, comme un yoyo et le va et vient de bas en haut, c'est comme un enfant désarticulé en rebonds sur un trempoline, c'est comme si un surf était projeté par-dessus la vague et reçu en pleine poire au 38ème étage, comme une météorite en suspension dans le vide sidéral, par un effet de magie comme si une bulle de champagne passait dans le trou de serrure d'un loft de la 52 ème, comme si prendre un escalier roulant en sens inverse fut un effet normal de distorsion psychique, comme si l'enfant mettait au monde sa mère...comme si l'empire state était aussi souple que l'équilibriste sur son fil...silence en marchant sur Broadway, effet ouate. effet divagations.
et puis plus tard,
Comme une suspension de points dans l'espace, comme deux bouches collées par un scotch d'amour et humectées par un zeste de citron, c'est comme deux corps englués dans un film élastique, la bobine en l'air et le portable en lévitation, un roman noir à porté de main, odeur de tabac froid, salive au parfum des caraïbes, joue contre le carreau froid, la main contre la crosse. pendule aléatoire du temps qui file, main à la crosse, attente, silence...la métisse se courbe éreintée contre mon buste, la croix en guise de bonne conscience. Repos. clopes , jour des cendres. J'ai mis 18 ans pour en arriver là.
Comme une suspension de points dans l'espace, Ma voisine énorme sonne à la porte, sonne et sonne tambourine, composer le Numéro d'urgence, police éteinte police éreintée enfouie sous une tonne de paperasses sales, papiers gras de frites trop huilées, collés contre les murs des buildings. ça sonne beaucoup, appel au secours, secours endormi, pas le temps, pas le bon moment, c'est comme une flaque d'eau aspiré par le bitume, comme une construction de puzzle qui commence par la fin et se termine à l'envers, c'est comme un débile qui fait son intelligent et qui vous laisse pantois. Main toujours sur la crosse, il y a un bail que je me tâte quand même, et ça commence à me chauffer cette affaire. Il y a un bail quand même que je me dis que c'est un moment comme celui là où il faut dégager de la scène, c'est comme mon pied il est attaché à un fil et la tête en bas, je vois ma vie qui défile, le flot de bagnoles des fourmis qui rentrent à la niche chez bobonne. La veine que je porte des chaussures crantées, je suis plus à l'aise pour ma petite affaire. dégager de la scène ou mourir.
c'est comme si au cinéma...
dans un film, tu vois, la vie est éternelle et on sent qu'elle ne sent rien, ni la mort d'ailleurs, le film se déroule sans parfum, retenu à ses expressions sentimentales, je t'aime, je te fous à poil, je te touche, on se sépare, on vit on meurt tout ça sans odeur... si tu lâches prise et avance nu dans le noir en imaginant que quelqu'un souffle un air frais sur ton passage mais que tu ne ressens pas ce souffle, silence...tu es mort?
Et dieu alors?
tu vois c'est comme si quand tu pries, dieu apparaît à chaque fois et te sermonne "tu me demandes quoi encore mec cette fois, hein, tu me demandes quoi?' comme si une suspension de points dans l'espace se termine par un doigt flingueur en lettres majuscules qui t'indiquent la voie à emprunter, silence, chuuuuut silence....il m'aurait dit "pries qui tu veux mais pas moi, je suis abonné absent, l'absolu divin. regarde au fond -de la cuvette des chiottes si tu me vois.
comme si je me retrouve seul face à l'autre qui gueule dans ma tête, "y'a un carnage là, y'a un carnage, tu veux que je te pique, tu veux que je te pique", il me propose la lame bien plantée sous le nez, j'oscille béta, faut pas imaginer le pire dans ces moments là, tu t'extirpes, tu humes l'air comme pour retenir le souffle, ton dernier? Comme si l'extase final venait de frapper le milieu du bide, près de la rate, comme si intensément j'avais ressenti un amour intense, immense, ma métisse me scrutait, j'avais l'oeil un peu hagard, perdu dans le fond de ma bouteille, moi qui ne craint pas la piqûre, ça brulait, la main sur la crosse, comme dans un bon western j'avais embrayé le ralenti les images tempo mordant la poussière, le geste sûr je me tenais à ma crosse, comme un gosse à la main de sa mère, pour moi la lumière s'amenuisait sérieusement, un filet passait jusqu'au fond de mon cerveau juste assez pour cibler l'ombre de mon salopard, flingué!
deux jours plus tard, le pantalon sur les fesses, le calebard démonstratif, la main sur une fesse de ma métisse, je sirotais un de ces tétons à l'aise, le canard sur le coin de la table, titre racoleur, recherche coupable pour petit meurtre entre voisins alcoolisés, y'a pas de quoi fouetter pour ça non plus! faut pas exagérer je me suis dit..le temps que...
Trois coups à la porte d'en bas, ça monte vite, le pas est rapide, ma femme explosée sur le miroir du plafond dans une volupté merveilleuse et pour ma part en lévitation tournoyant dans l'air suitant le soufre la moue un peu ravagée. ça a un sale gout le sang, c'est trop suave, trop hypocrite, trop épais, type liqueur.
Comme si j'avais que ça a faire les gars....me faire pointer un de ces sales jours du week end.
épilogue:
Quand j'étais un môme j'ai rencontré une psy après une douzaine...je lui disais "hey madame, hey madame, histoire de lui dire écoute moi Madame"
donné du temps, écouté expliqué, à mon chevet, sans me juger, elle y était. Et puis rien, j'ai décidé que mon chemin était tracé du doigt de dieu comme dans la bible, je lui avais dit, à ma psy "il n'y a que la bible", j'avais bien senti que ce bouquin s'était effondrée sur elle, tout y était écrit déjà, elle était sympa, mais à cause de la bible elle en perdait son latin et du même coup son job! elle m'avait quand même mis en garde, j'avais fait mon ricaneur et tourné les talons, elle sur le pas de sa porte désolée. Plus fort que toi! marqué par le destin déjà tracé, d'ailleurs je portais le nom de famille d'un sacré mec qui avait fait trembler l'île pendant des mois, dégommant ceux qui l'assommait. Banni est mon nom! Banni est mon destin, yeah man
à suivre....
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