10/01/2009 21:23 Commentez cet article

 Passer de là d' ici, d'ici à là déjà loin, laisser derrière soi, partir devant, bouche close, lèvres serrées, silence, on surnage dans les nuages. réflexion réflexe. gestes tendus, mains plaquées sur les hublots, de froid à chaud, de l'heure à l'heure, passer du monde à l'autre monde sans sens interdit, glisser sur les tapis roulants, écharpes et gants dans la valise, sur le dos, tracer des sillons sur le ciel sous le soleil enfouis dans le fond des valises. Couler col serré, lunettes de soleil au fond de la poche, empaillé dans un sushi. Je suis le passe-muraille.

Manger des raisins verts croquants d'Italie, les mêmes de Floride, des clémentines du Maroc et d'autres de martinique vertes et cabossées, des poissons de la Manche et d'espèces de la caraibe, et se sentir là à ici sans sens interdit, piment végétarien, piment oiseaux, jouer à la sauce wasabi verte comme les oranges,se soulever de terre,  croquer dans le citron jaune et puis vert. De la côte d'Emeraude à la côte Atlantique, c'est un grand voyage que j'ai fait là en passant par les açores, en aller et en retour s'en m'en aller et de retour. De belles couleurs et laisser les papilles suivre le solfège du sucré au salé. 

Attendre le point final de la ballade sans attendre la promenade ennuyeuse à travers les arbres dégarnis de l'hiver, rejoindre le vert de la forêt profonde tropicale, enfoncer sa terre dans la terre et remuer les pierres poisseuses d'humidité, tête en arrière levée les yeux verts vers la cime des buildings. Et le roulis roula roula roulis roula, and love will tear us apart, babaille and love. incantations au passé présent déjà passé. A mes chers amis.

De la neige au sable, de la dune au morne, de la vallée au pic, du bleu au gris clair, se laisser prendre par les alizés et frissonner sous le vent glacial de la bise, jouer au yoyo du baromètre et comme une bille rouler dans le caniveau, sdf sous le palmier, sdf sous l'angle de la rue des champs-élysées, villes saturées de vies immobiles, en tous les cas, moi je bouge, je m'agite dans la gueule de l'instant moment, bras grands ouverts tourner sur place comme un derviche tourneur. Je suis une sdf au dos tourné, à l'âme retourné, je vous détourne du droit chemin!

Fabrique à rêves éveillés, transformations schizophréniques, qui suis-je dans ce foutras de direction, la girouette que je suis devenue, tourne en fonction de la force des vents. Miroir aux alouettes que du nulle part j'arrive quelque part qui n'est autre que du déjà connu, allez et on recommence en sens inverse, pour retrouver le sens interdit d'une liberté si secrètement bien gardé.

J'ai arrimé sur la côte africaine, porté le sarwel et enfoncé de babouches j'ai traversé le fleuve Sénégal, au milieu d'un vent de sable rouge, j'ai mangé du manioc et ravivé le feu des ancêtres, j'ai traversé le temps passé pour remonter dans le présent de la spacieuse avenue de l'Indépendance et je suis redevenue libre de ma transhumance. Force en mouvement, un talon qui frotte à terre et l'autre qui tournoie dans l'air, je crache mes kilomètres comme un enfant haineux, je dorlote le goudron et le cire de mes semelles.

Tourner la page de l'autre côté de la tranche de l'Atlas, femmes grimées de résine et de khol, sous la tente bédouine, j'ai vu le désert et la colonne de scorpions sur l'horizon au loin. Loin.

Je m'éloigne et m'approche en m'éloignant de nouveau, de vous.

 

 

 

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