11/10/2008 22:54 Commentez cet article

 Le matin belle, sans rien ajouter tu te sens belle! et on te le redit mille fois du coup tu ne peux que te sentir belle et ce n'est pas de ta faute! c'est comme çà. Tu serais laide que tu serais quand même belle, il y a des valentins partout qui te sussurent que tu es belle alors pas trop belle pour toi, juste pour des inconnus qui te disent, qui essaient une touche et ensuite de te toucher au coeur puis avec un peu de chance frôler tes fesses.

Ici 'est l'île de la tentation, taux de sida au rouge cramoisi, kssssssiiiiiiii toi tu es belle, viens voir eh ksssssiiiiii viens voir, j'ai un truc à te dire oh! c'est toi qui sent bon comme çà, eh ben, t'es sympa; Mignonne allons voir si les  hibiscus sont fleuries, hep' tu es touriste? hep t'es bien jolie, tu t'apelles comment? hey tu comprends le Kreol, kssssssiiiiii on va peut-être pouvoir se revoir demain matin au ponton! il n'est que 8H30 et la pêche est déjà ouverte, parait que j'ai une belle bouche, une belle peau, une belle voix, une belle robe! Je plais à tous les blacks, jeunes, trentenaire, quarantenaire, vieux, rasta, policier, manoeuvre, boulanger. Tous! je suis un prétexte libidinal! même les SDF sont déshinibés!

Les hommes sont tous abdominalement sexy, torse nu, se livrer quasi à poil!  très touchant même si on ne touche pas sinon bonjour la conséquence inconséquente! libidinale! Il y a du "bb" partout. Entendre, bed and breakfast, belle et bombe, baby!

Et sur le ponton le matin, l'eau est claire, dessous il y a un aquarium silencieux qui s'agite, dessus un mâle qui s'agite et se rapproche, et mes neurones qui se crispent, 8H30 l'ambiance pour lui est déjà au rouge cramoisi! le fer est chaud! C'est pour moi, plongeon dans l'aquarium, histoire de se rafraîchir un peu! 

Plus loin, la formule sex and sea and sun, marche aussi, un gourou métro la cinquantaine, les cheveux longs blancs jaunis flottent dans la transparance de l'eau, une gazelle brunie et ridée par le soleil, la clope et l'alcool sous ses phéromones, s'accroche à  sa bouée de sauvetage plus ou moins virile, intelligence divine. Dans mon maillot de bain, je me laisse bercer par les incantations de l'homme à la femme "tu vois tu es bien, il y a un autre espace, un espace parallèle, une autre dimension où tu trouves la paix et je te le dis il faut espérer en Dieu, car Dieu est immense, tu vois ce poisson est rempli de foi..." Là je lâche ma prise, je crawle vers la géante étoile de mer, trouvée une raison de s'éloigner du délire schizophrénique du gourou-éponge qui plonge sans bouteille à la mer et se prend pour Dieu le père!

remontée sur le sable, Don juan n°380000 me déshabille je n'ai plus qu'à me sècher, reprendre mes esprits et rejoindre la réalité, un jogger passe et repasse devant moi, derrière moi, un clin d'oeil lâché sur le sable en vérifiant son pacemaker, ksssiiiii, ksssiiiii. Kolé, séré, Au secours, je ne suis pas si belle quand même, au secours vite prendre la navette et aller m'enfermer dans mon bureau aquarium.

SURPRISE!  encore rien vu, rien entendu, rien senti, celle de la sueur du mâle plus noir que l'ébène , qui sue et qui te chuchote des mots enflammés plein de désir, sans gêne, sans retenue, le scotch ça colle le scotch. Il maintient ma main dans la sienne, trouvant le ticket comme alibi d'approche, Pas de sortie possible, sinon se jeter à la flotte au milieu des requins, rester à bord et se faire dévorer des yeux sous un torse perlé d'envie sexuelle,sa bouche fait un souffle d'air jusque dans le creux de mon cou,  ceci est bien sadien! Où vas-tu ainsi pensée érogène? Ce monsieur dégaine plus vite que je ne respire, "u me plais beaucoup, tu es vraiment très très belle, tu me plais beaucoup vraiment, ça te fais quoi que tu me plaises comme ça? on va faire des choses ensemble", éclat de rire qui désamorce la bombe sexuelle, j'explose de rire encore et encore de plus en plus fort, le sparadra est bien fixé, je remercie d'autant de compliments,de si bon matin je fais ma petite oie blanche, ça peut déplaire mais ça peut aussi renforcer le danger, "ne ris pas comme ça, je te parle sérieusement" certainement que le gars en effet se lâche, après avoir attendu tous les jours de me voir tous les jours monter dans sa navette et là c'est la journée apothéose, on ose! j'ai sorti ma carte famille nombreuse, ça me dit-il ça ne change rien! Dans ma navette, il est 8H45, je me sens quelque peu envahi dans mon intimité, je croise les bras, ça coupe court la communication m'a indiquée mon ostéo, oui mais en métropole! pas ici.

pot de colle, scotch, agraphes, cutter, trombones, je suis ensuite passée à la librairie antillaise, le caissier était un caissier climatisé, très courtois sans plus. Pas de valentinage. respiration normale, pas de tachycardie! 

Hypothèse: la chaleur provoque une montée de sueurs qui trimballent des phéromones libres non censurées par le surmoi (sorte de climatiseur, régulateur de libido); Le climat a également un rôle dans le déchainement des pulsions, voyez en Bretagne, le frigiddaire n'échauffe pas les esprits comme le caissier climatisé introverti par artifice sexuellement! 

AUjourd'hui, il pleut et il ne fait plus que 25°, il semble que ma théorie se confirme....

 
 

FIN, 

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